dimanche 29 avril 2007

Matteuccia struthiopteris / Fougère-à-l’autruche




Cette espèce est en danger d’extinction à cause de son type de croissance lent, ce qui indique en fait qu’elle prend beaucoup d’années à se reproduire et si nous effectuons des récoltes massives, nous courons un grand risque d’éteindre cette espèce. Il est préférable de ne pas récolter cette plante en forêt.

Il existe plusieurs fougères dont les frondes, appelées « crosses de violon » sont comestibles lorsque les jeunes pousses commencent à se déployer au printemps. La fougère à l’autruche est la plus connue.

La fougère-à-l’autruche est une plante vivace qui se développe en bouquets à partir d’un rhizome profond, présentant de nombreuses ramifications, à partir duquel la tige basale verticale vigoureuse et écailleuse prend naissance. Il s’agit des frondes stériles qui donne de crosses enroulées (les crosses de violon) qui se déroulent progressivement et s’élargissent en grandes feuilles composées qui peuvent atteindre 1,5 m de hauteur ou d’avantage. Les frondes fertiles porteuses de spores se développent à partir de la base de l’intérieur du cercle de frondes stériles. Elles se distinguent des frondes stériles par leur couleur brun à noirâtre et par leur aspect nettement érigé et beaucoup plus court et compact.

Attention de ne pas se tromper avec l’identification de la grande fougère qui lui ressemble mais qui est toxique. Au lieu de se regrouper en plusieurs feuilles ensemble, la grande fougère produit des feuilles uniques isolées les unes des autres. Sa multiplication est végétative, par un rhizome profond, noir, rameux et horizontal. Les frondes sont plus hautes, soit 2 m de hauteur ou d’avantage. Le pétiole est vigoureux et de couleur paille. Il porte un limbe divisé de forme triangulaire. Certaines frondes portent des sporanges sur les bords enroulés vers l’intérieur.

D’autres fougères sont très amères et désagréables à consommer, dont :
-la grande fougère ou ptéridium des aigles (Pteridium aquilinum) : cette espèce est largement consommée au Japon, mais des études ont récemment constaté qu’elles étaient cancérigènes pour de nombreuses espèces animales et ne devrait donc pas être consommées.
-l’osmonde cannelle (Osmunda cinnamomea)
-Athyrium fougère-femelle (Athyrium filix-femina)
-la cigüe maculée (Conium maculatum) : est une plante notoirement vénéneuse, et pourrait être confondue avec des fougères par un observateur non entraîné. Cette plante porte des fleurs et est apparentée au céleri.

De plus, aucune fougère ne devrait être consommée à son stade adulte.

On retrouve la fougère-à-l’autruche des les terrains bas, ouverts et humides ainsi que dans les bois riches, en particulier sur les sols alluviaux.

Récolte
Les succulentes crosses de violon peuvent être cassées au printemps et mangées nature ou cuites, elles donnent alors un délicieux légume vert. Les tiges les plus grosses, quand elles sont encore tendres et qu’elles ne dépassent pas 15 cm de haut, peuvent être coupées, lavées et débarrassées de leurs écailles. Il ne faut pas oublier que les crosses de violon sont les feuilles de la plante et qu’elles ne se regénèrent pas si elles sont coupées, il faut donc veiller à en laisser suffisamment pour permettre à la plante de survivre. Dans certains endroits, des populations entières de fougères-à-l’autruche ont été décimées à la suite des cueillettes de fervents amateurs de crosses. Par contre, si elles sont cueillies avec discernement, les mêmes plantes produiront année après année, de nouvelles crosses de violon.

PréparationIl est important de faire bouillir les crosses de violon pendant 5 minutes dans de l’eau, puis de changer l’eau et recommencer deux autres fois avant de les consommer. Il est contre-indiqué car il peut s’avérer toxique s’il est consommé cru. Plusieurs cas d’intoxication alimentaire ont été révélés suite à la consommation des crosses de violon.

Certaines personnes apprécient les crosses de violon nature ou cuites à l’étuvées jusqu’à ce qu’elles tendres (environ 10 minutes, suivant le goût). On peut les accommoder avec du sel, du poivre, du beurre et du jus de citron ou de la crème sure selon les goûts. Une fois cuite, elle devrait être d’un vert vif, si elles se décolorent ou si elles virent au jaune, elles sont trop cuites.

On peut utiliser les crosses de violon dans différents ragoûts et dans d’autres plats. Elles peuvent remplacer les asperges ou les haricots verts dans n’importe quel repas. Il est facile de les congeler, il suffit de les blanchir légèrement au préalable. Il est possible d’obtenir des crosses de violon de la fougère-à-l’autruche dans de nombreux marchés de l’est et congelées dans les épiceries et les supermarchés de tout le pays.

Les crosses de fougères sont riches en fer, en potassium et en vitamine C.

Recette de Crosses de violon à l’étuvée : donne 2 ou 3 portions
30 ml / 2 c. à soupe de beurre ou margarine
500 ml / 2 tasses de crosses de violon de la fougère-à-l’autruche
30 ml / 2 c. à soupe d’eau
Sel et poivre

Dans une casserole, faire fondre le beurre ou la margarine et chauffer jusqu’à ce que cela bouillonne.
Ajoutez les crosses de violon et l’eau, couvrir et laisser cuire à feu moyen jusqu’à ce que les tiges soient tendres, mais toujours croquantes et vertes (environ 10 minutes).
Assaisonner et servir chaud.
Variantes :
-Ajouter un oignon émincé, de la sauce Worcestershire et de la sauce Tabasco au goût.
-Servir avec un mélange, passé à la poêle, de panure beurrée, d’œuf dur et de persil haché.
-Accommoder les crosses de violon rapidement cuite à la vapeur avec un mélange composé de 50 ml ( ¼ tasse) de jus de citron, 50 ml ( ¼ tasse) d’huile d’olive, 30 ml (2 c. à soupe) d’oignon vert haché, une gousse d’ail émincée, un œuf dur haché, du persil, du sel, du paprika et du sucre au goût.

Recette de Crosses de violon au vin blanc : donne 2 ou 3 portions
30 ml / 2 c. à soupe de beurre ou de margarine
500 ml / 2 tasses de crosses de violon de fougère-à-l’autruche
30 ml / 2 c. à soupe de vin blanc
30 ml / 2 c. à soupe d’eau
Jus d’un demi-citron
50 ml / ¼ tasse de noix de cajou salées, grossièrement hachées
Quelques feuilles d’estragon réduites en poudre
Sel et poivre

Dans une casserole, faites fondre le beurre ou la margarine et chauffer jusqu’à ce qu’il bouillonne.
Ajoutez les crosses de violon, le vin et l’eau, couvrir et laisser cuire à feu moyen jusqu’à ce que les crosses soient tendres mais toujours croquantes (environ 10 minutes).
Ajoutez le jus de citron, les noix de cajou, l’estragon, le sel et le poivre.
Servir chaud.

Recette de Crosses de violon au four : donne 2 ou 3 portions
24 jeunes crosses de violon tendres, lavées, dont on a enlevé les extrémités dures
500 ml / 2 tasses de courgettes non pelées et tranchées
1 oignon moyen, tranché
1 piment rouge doux, coupé en dés
30 ml / 2 c. à soupe de beurre ou de margarine
2 tranches de bacon, cuites et émiettées
Environ 6 tranches moyennes de mozzarella

Dans une casserole, placer les crosses de violon et les courgettes et recouvrir d’eau bouillante, laisser mijoter pendant 5 minutes puis retirer du feu et égoutter.
Faites sauter l’oignon, le piment rouge dans le beurre ou la margarine jusqu’à ce qu’ils soient ramollis.
Placez les crosses de violons et les tranches de courgettes dans un plat allant au four, parsemer d’oignon, de piment rouge et de bacon, et recouvrir avec les tranches de mozzarella.
Faire cuire au four à 150C (300F) pendant 20 minutes.
Servir avec des toasts comme repas léger.

La grande fougère (Pteridium aquilinum) quoique considérée aujourd’hui comme une plante cancérigène, fut longtemps utilisée par les tribus amérindiennes de la côte du Pacifique. On faisait rôtir les rhizomes sur des charbons de bois et on les battait ensuite pour enlever leur peau extérieure noire. La partie interne blanchâtre était consommée avec de l’huile ou parfois pilée pour faire une sorte de farine avec laquelle on faisait des gâteaux. On ne consommait pas les fibres centrales dures mais, dans certaines régions telles que le sud de l’île de Vancouver, on les conservait, on les faisait sécher et on les utilisait pour allumer des feux ou on les gardait allumés entre deux moitiés de coquille de palourde. Ce feu sans flamme pouvait être transporté au cours des voyages, ou même enterré sur l’emplacement du camp jusqu’à la tombée de la nuit où on l’utilisait pour allumer le feu de la soirée.

Umbilicaria / Tripe de roche et autres lichens comestibles




De nombreuses espèces de lichens ont servie de nourriture à l’homme dans différentes parties du monde. Au Canada, la tripe de roche est indubitablement le lichen, le mieux connu et le plus important des aliments de survie.

Les lichens se présentent sous la forme d’un thalle plat semblable à une feuille qui mesure 5 cm de large ou davantage, attaché au substrat rocheux par un seul point central. Lorsqu’il est sec, le thalle est quelque peu friable et il varie du gris au brun foncé. Quand il est humide, il devient quelque peu flasque et caoutchouteux et il est noirâtre ou vert foncé. Le dessous du thalle est ordinairement plus foncé et souvent duveteux ou poilu. Chez certaines espèces, les bords du thalle sont lisses, chez d’autres, ils sont irrégulièrement lobées ou profondément échancrés. La tripe de roche est habituellement stérile car les parties fructifères, ou apothécies, sont petites et noires et sont dispersées rapidement car elles se trouvent à la surface du thalle.

Un autre lichen peu connu comme aliment est le lichen crin-de-cheval (Bryoria fremontii) qui fut autrefois connu sous le nom de Alectoria fremontii. Il s’agit d’une espèce filamenteuse de couleur sombre que l’on trouve sur les arbres, et qui ressemble étrangement à une épaisse touffe de cheveux foncés qui pend des branches. Dans la plupart des endroits de son aire de distribution, elle peut atteindre 25 cm de long ou d’avantage. La texture du thalle sec est rigide alors qu’elle est souple et flasque quand elle est humide. Ce lichen produit parfois de minuscules coussins de granules jaune vif ou des apothécies jaunes, de forme discoïdale et dispersés le long des filaments. Il faut par contre faire très attention de ne pas la confondre avec la Bryoria tortuosa, une espèce qui lui ressemble beaucoup mais qui contient parfois en fortes concentrations un composé jaune potentiellement toxique, l’acide vulpinique. On peut distinguer cette espèce par ses filaments tordus et par ses longues et minces rayures jaunes descendant en spirale le long de ses branches. C’est probablement son goût très amer qui permet de l’identifier le mieux. Le Bryoria fremontii ne contient de l’acide vulpinique que dans ses granules jaunes fructifères.

Le lichen d’Islande (Cetraria islandica) sont aussi comestibles et bien connues en Europe du Nord. Il pousse sur le sol en plaques étendues et présente des rameaux dressés, aplaties, de diverses nuances de brun qui atteignent 7 cm de long et 1 cm de large. Les bords varient de légèrement incurvés à nettement enroulés et portent une frange assez régulière d’appendices ayant l’aspect d’épines noires et courtes. Lorsqu’il est sec, le thalle est friable, mais quand il est humide, il est assez mou et flexible. Les parties fructifères brunes et discoïdales se développent parfois aux bords des branches. On trouve certaines espèces apparentées qui sont aussi comestibles.

La tripe de roche pousse essentiellement sur les rochers de granitiques exposés des hauts plateaux et différentes espèces apparentées sont très abondantes dans tout le nord du Canada. Le lichen crin-de-cheval pousse sur des branches des conifères, tels que le mélèze, le pin et le sapin de Douglas, surtout dans les forêts montueuses de l’ouest de l’Alberta et de la Colombie Britannique. Le lichen d’Islande pousse sur les hauts plateaux marécageux et sur les sols nus et caillouteux des zones marécageuses ainsi que dans la zone de la toundra Arctique en Amérique du Nord et en Europe.

Malheureusement, sur les centaines d’espèces de lichens indigènes du Canada, seules quelques-unes peuvent être consommées. La plupart sont très amères et non comestibles en raison de la présence d’acide qu’il faut extraire en faisant tremper les lichens dans de l’eau ou en les traitant chimiquement avec du carbonate de sodium ou de potassium avant que l’on puisse les consommer. Même les espèces les plus comestibles décrites dans cet ouvrage doivent être laissées à tremper pendant plusieurs heures dans de l’eau ou dans une solution diluée de bicarbonate de soude avant de les consommer. Si l’on ne procède pas ainsi, ils peuvent provoquer des troubles digestifs. Ces lichens sont comestibles une fois l’amertume extraire. Ils ont cependant une faible teneur en protéines et en lipides. Ils possèdent des glucides dont les plus communs sont des polysaccharides, malheureusement, certaines études (Llano) indiquent que les glucides ne sont que partiellement digestibles chez les humains. Ainsi, il semble que les lichens ont leur principale valeur en tant qu’aliment en ce qu’ils peuvent remplir l’estomac en temps de disette. Ils possèdent quelques vitamines et minéraux mais sans valeur nutritive dans la plupart des cas. Il n’en reste pas moins qu’on connaît plusieurs cas où la consommation de lichens aurait empêché le sujet de mourir de faim, on sait aussi que ces plantes ont parfois fait partie du régime alimentaire habituel de l’homme.

Récolte et préparation
Ramasser de la tripe de roche en l’arrachant des rochers à la main ou avec un couteau. La laver ensuite et enlever les parties qui contiennent du sable. La laisser tremper pendant plusieurs heures dans de l’eau à laquelle on aura ajouté 5 ml (1 c. à thé) de bicarbonate de soude par litre (pinte) d’eau. Changer deux fois l’eau. Égoutter, recouvrir d’eau et faites cuire doucement pendant une heure environ, jusqu’à ce qu’elle soit tendre. La tripe de roche prend alors une consistance d’une gelée et peut être utilisée pour épaissir des soupes et des ragoûts et, en cas de besoin, il est possible de la manger telle quelle après l’avoir filtrée. On peut aussi la faire sécher, la réduire en poudre et en tirer une farine de blé. On peut également la faire cuire dans du lait, avec des œufs et du sucre et en faire une crème.

Recette de lichen crin-de-cheval à l’amérindienne
Ramasser les lichens sur des branches d’arbres, en utilisant une longue perche pour les saisir sur les branches les plus hautes.
Débarrasser les de tout rameau étranger ou débris.
Laisser tremper toute une nuit dans l’eau, de préférence courante (ruisseau ou rivière).
Creuser une fosse d’environ 1 m de côté et 75 cm de profondeur, la garnir de grosses pierres rondes, allumer un feu vif à l’intérieur et l’entretenir jusqu’à ce que les roches soient chauffées au rouge.
Enlever les cendres, placer une couche de rameaux ou de mousse humide sur les pierres, puis entasser les lichens humides en une couche de 15 à 25 cm d’épaisseur.
On peut aussi ajouter d’autres ingrédients comme des ails sauvages.
Recouvrir avec d’autres rameaux ou des mousses, puis avec de la terre, en laissant un bâton planté verticalement au centre de la fosse.
Quand cette dernière est pleine, enlever le bâton et verser de l’eau dans le trou ainsi formé, jusqu’à ce qu’on entende des roches au fond siffler et craquer.
Sceller alors le trou avec des mousses et laisser ainsi la fosse pendant 24 heures environ.
Quand on découvrira la fosse, le lichen sera une masse gélatineuse de 2 à 3 cm d’épaisseur.
On peut la découper et la manger telle quelle ou la sécher au soleil en galettes qui seront utilisées plus tard.
Il faut laisser tremper les galettes séchées dans de l’eau pour les amollir avant de les utiliser. Elles sont délicieuses dans des soupes ou des ragoûts et peuvent être mélangées à d’autres aliments comme des petites poires (amélanchier) ou cuites avec des pommes, des raisins secs, de la mélasse ou de la cassonade.
À Noter : ce lichen a représenté une source alimentaire importante pour les Indiens salish de l’intérieur de la Colombie Britannique qui le préparaient de cette façon. Si vous n’êtes pas en mesure de la préparer ainsi, vous pouvez essayer de la faire bouillir dans de l’eau pendant plusieurs heures ou, pour accélérer le processus, dans un autocuiseur. Par contre, les amérindiens qui ont vécu le temps que l’on cuisait le lichen dans une fosse vous dirons que ces méthodes modernes donnent des résultats nettement inférieurs.

Beaucoup d’explorateurs du Nord et de coureurs des bois, y compris sir John Franklin et sir John Richardson se sont nourris de tripe de roche pendant les périodes de famine et ont ainsi survécus. Pendant l’expédition de Franklin, il fut un temps où il ne restait plus à manger que de la tripe de roche et des bouts de cuir. Malheureusement, les hommes ne pouvaient pas alors les faire macérer convenablement et ils souffraient fréquemment de sérieux maux intestinaux provoqués par leur maigre régime. La tripe de roche était également consommée bouillie par les peuplades indigènes du Nord qui la préparaient avec des œufs de poisson et d’autres produits d’animaux.

En Suède, en Norvège et en Islande, on récolte commercialement le lichen d’Islande. On raconte que tous les trois ans, il est possible d’obtenir une nouvelle récolte au même endroit. Le lichen est d’abord lavé, puis séché et réduit en poudre que l’on débarrasse de son amertume, comme pour la tripe de roche, par macération dans de l’eau ou dans une solution de bicarbonate de sodium, on la fait ensuite bouillir et on récupère la gelée qui sert de base à de nombreuses soupes et crèmes légères et très digestes. On utilise également la poudre dans les pays européens pour faire des bouillies et du pain. Des quantités considérables de lichen d’Islande ont été autrefois utilisées pour faire des biscuits de marine. On pensait que le pain fait à partir de cette poudre était moins sujet aux charançons que celui fait avec de la farine de blé.

De nombreux autres lichens servent de nourriture pour les animaux. L’un des plus importants est le lichen de caribou (Cladina rangiferina), une espèce grise, arbustive, qui pousse avec des espèces apparentées en îlots denses de 10 à 15 cm de haut dans les régions de forêts et de toundra du Nord. C’est une des sources alimentaires principales du caribou dans le nord de l’Europe et il est également brouté par les cerfs et le bétail.

Le lichen crin-de-cheval a été utilisé par les amérindiens de la Colombie Britannique aussi bien comme source alimentaire que pour faire des couvertures, des capes et des chaussures. Toutefois, il n’était pas considérer comme un matériau de première qualité et c’est surtout les gens pauvres qui s’en servaient s’ils n’avaient pas de peaux d’animaux pour faire leurs vêtements. Le lichen d’Islande, assez astringent, servait au tannage des peaux de même que le lichen crin-de-cheval, il était utilisé par les distillateurs pour faire de l’alcool.

On connaît depuis l’Ancien Testament et même avant les propriétés tinctoriales des lichens. Ils permettent une large gamme de teintes et sont encore utilisées de nos jours par de nombreux tisserands. Presque tous les livres qui traitent des teintures naturelles en parlent. La tripe de roche donne une teinture d’un pourpre profond, une fois traitée avec de l’ammoniaque, fermentée puis mélangée à de la potasse ou du bicarbonate de soude. Le lichen d’Islande donne des teintures brunes ou de nuances variées et le lichen crin-de-cheval produit une teinture jaune. Cependant, si vous récoltez ces lichens pour vous nourrir ou pour la teinture, souvenez-vous qu’ils poussent très lentement et qu’il faudra les ramasser avec parcimonie, là seulement où ils sont très abondants.

mardi 6 mars 2007

Portulaca oleracea / Pourpier potager




Il y a bien 2000 ans que les Persans et les Indiens mangent le pourpier potager et s’en délectent. De nos jours, il est couramment utilisé comme légume et comme verdure en Asie et dans une grande partie de l’Europe. Au Canada, les agriculteurs et les jardiniers le connaissent certainement fort bien, mais il est rare qu’ils en apprécient les vertus comme légume. Le contenu en fer de cette plante succulente est plus élevé que celui de tout autre légume feuillu, à la seule exception du persil. L’amarante en contient presque autant. Le pourpier est également riche en vitamine A. Il s’agit d’une des plus abondantes et délicieuses mauvaises herbes utilisées comme légume.

On peut le manger cru pour en faire une salade qui se combine bien avec d’autres ingrédients. On s’en sert surtout comme légume cuit. Il y a bien des façons de l’accommoder mais la plus simple consiste à faire mijoter les feuilles bien lavées (et les tiges si vous en désirez) de 3 à 5 minutes dans de l’eau légèrement salée, et de les servir avec du beurre ou de la margarine, du bacon bien croustillant ou avec votre sauce favorite. Les amateurs de marinade apprécieront la facilité de mariner le pourpier et il peut alors remplacer aisément le concombre. Il suffit d’utiliser votre recette favorite.

On peut aussi broyer les graines du pourpier pour en faire une farine qui, mélangée avec une quantité égale de farine de blé, permet de faire du pain ou des muffins. On peut également faire bouillir les graines pour les manger en porridge.

Le pourpier est une mauvaise herbe envahissante à cause du nombre incroyable de graines qu’il produit. Une plate ordinaire donnera plus de 52 000 graines pendant la saison de croissance. Cette production est continue et les graines elles-mêmes sont capables de conserver leur vitalité pendant de nombreuses années. De plus, les graines peuvent continuer à mûrir sur une plante même lorsque celle-ci a été déracinée.

En Amérique centrale et dans diverses autres parties du monde, le pourpier se vent souvent au marché et sert d’alimentation aux poulets, aux dindes et aux porcs. On considère également que c’est un excellent remède contre les vers chez ces animaux.

Recette de Suprême de pourpier : donne 2 portions
50 ml / ¼ tasse d’eau
500 ml / 2 tasses de feuilles fraîches de pourpier, lavées
30 ml / 2 c. à soupe de beurre ou de margarine
50 ml / ¼ tasse de vin blanc sec
30 ml / 2 c. à soupe de jus de citron
15 ml / 1 c. à soupe de sauce Worcestershire
Sel et poivre au goût

Amenez l’eau à ébullition, ajoutez le pourpier, baissez le feu, couvrez et laissez mijoter de 3 à 5 minutes.
Égouttez et coupez en petits morceaux.
Faites fondre le beurre ou la margarine dans un poêlon épais.
Ajoutez le pourpier, le vin, le jus de citron et la sauce Worcestershire.
Assaisonnez, chauffez et servir aussitôt.

Recette de Fricassée de poulet au pourpier : donne 4 portions
125 ml / ½ tasse d’eau
1 L / 4 tasses de feuilles fraîches de pourpier, lavées
1 petit poulet à rôtir, découpé en morceaux
50 ml / ¼ tasse d’huile d’olive
1 gousse d’ail, hachée
1 petite boîte de sauce tomate
125 ml / ½ tasse de vin blanc sec
15 ml / 1 c. à soupe de jus de citron

Amenez l’eau à ébullition, ajoutez le pourpier, baissez le feu, couvrez et laissez mijoter de 3 à 5 minutes.
Égouttez et coupez en petits morceaux et réservez.
Dans une grande poêle, faites dorer le poulet dans l’huile à feu doux pendant 20 minutes.
Ajoutez l’ail, le pourpier et la sauce tomate, et couvrez.
Laissez cuire doucement pendant 45 minutes ou jusqu’à ce que le poulet soit tendre.
(Retournez la viande une fois au cours de la cuisson).
Ajoutez le vin et le jus de citron, mélangés ensemble, et faites cuire pendant 2 minutes supplémentaires.
Servir très chaud.

Recette de Pourpier et dinde à la manitobaine : donne 4 portions
500 ml / 2 tasses de feuilles fraîches de pourpier, lavées
15 ml / 1 c. à soupe de beurre ou de margarine (1ère quantité)
625 ml / 2 ½ tasse de riz sauvage, non cuit
250 g / ½ lb de dinde fumée, tranchée mince
30 ml / 2 c. à soupe de beurre ou de margarine (2e quantité)
30 ml / 2 c. à soupe de farine
50 ml / ¼ tasse de crème
250 ml / 1 tasse de bouillon de poulet ou de dinde
Sel au goût
Parmesan râpé

Faites revenir le pourpier dans le beurre ou la margarine (1ère quantité).
Faites cuire le riz selon le mode d’emploi sur le paquet et placez-le au fond d’un plat à four graissé.
Recouvrez-le avec les tranches de dinde, puis avec le pourpier.
Faites fondre le beurre ou la margarine (2e quantité) dans une casserole, ajoutez la farine et laissez cuire un peu.
Ajoutez la crème, le bouillon et le sel et fouettez jusqu’à ce que la sauce devienne épaisse et onctueuse.
Versez sur le pourpier et faites cuire au four à 180C (350F) pendant 45 minutes.
Saupoudrez de parmesan et servir chaud.

Recette d’œufs cuits au four et pourpier : donne 3 portions
125 ml / ½ tasse d’eau
Pincée de sel
500 ml / 2 tasses de feuilles de pourpier, lavées et hachées
50 ml / ¼ tasse de beurre
50 ml / ¼ tasse d’oignon, haché
6 œufs
50 ml / ¼ tasse de chapelure
125 ml / ½ tasse de fromage râpé
50 ml / ¼ tasse de bière

Amenez l’eau à ébullition, ajoutez le sel et les feuilles de pourpier, baissez le feu, couvrez et laissez mijoter de 3 à 5 minutes.
Égouttez.
Dans un poêlon, faites fondre le beurre, ajoutez le pourpier et l’oignon et faites revenir jusqu’à ce que l’oignon soit doré.
Placez dans un plat à four et cassez les œufs sur le mélange, un à côté de l’autre, en veillant bien à ne pas en crever les jaunes.
Mélangez la chapelure et le fromage et saupoudrez sur les œufs.
Versez sur chaque œuf un peu de bière et faites cuire à feu moyen, 180C (350F) de 20 à 25 minutes jusqu’à ce que les œufs soient cuits, mais non durs.
Servir immédiatement.

Recette d’œufs sur le plat au pourpier : donne 2 à 4 portions
125 ml / ½ tasse d’eau
500 ml / 2 tasses de feuilles de pourpier, lavées et hachées
50 ml / ¼ tasse de beurre (1ère quantité)
5 ml / 1 c. à thé de vinaigre de vin blanc
Sel et poivre
4 œufs
15 ml / 1 c. à soupe de beurre (2e quantité)

Amenez l’eau à ébullition, ajoutez le pourpier, baissez le feu, couvrez et laissez mijoter de 3 à 5 minutes.
Égouttez.
Dans un poêlon, faites dorer le beurre (1ère quantité) et ajoutez-y le pourpier, le vinaigre et les assaisonnements.
Faites revenir sur feu moyen pendant 5 minutes.
Pendant ce temps, dans une autre poêle, faites frire les œufs dans le beurre (2e quantité).
Lorsqu’ils sont prêts, recouvrez-les avec le pourpier chaud et servir immédiatement.

Rumex crispus / Rumex crépu






Autres noms : patience, reguette, parelle, herbe-à-cochons.

Il existe un nombre considérable d’espèces de rumex au Canada. C’est le rumex crépu qui nuit le plus et qui est le plus répandu. Il est originaire d’Europe, puis naturalisé dans la plupart des régions du monde. Dans certaines régions, on peut trouver trois ou quatre espèces différentes dans un même endroit.

Partie comestible :
On peut utiliser le rumex comme légume, on peut l’ajouter aux mets en casserole et dans les salades. Certaines personnes le trouvent trop dur pour le manger cru. Cuit comme un légume vert, il a un goût assez comparable à celui de l’asperge. Il est à son meilleur lorsque son feuillage est jeune, cueillies au début du printemps, puis cuites à la vapeur et servies chaudes avec du beurre ou de la chapelure préalablement sautée au beurre. Le rumex est également agréable lorsqu’on le sert avec du fromage fort, de la crème sûre, du yogourt, une sauce hollandaise, du jus de citron ou du vinaigre. Les feuilles plus matures auront un goût un peu plus amer, il est donc conseillé de changer l’eau de cuisson une ou deux fois. Il ne faut pas trop faire cuire le rumex car il perdrait alors sa saveur et son contenu en vitamines et en minéraux. Il est particulièrement riche en vitamine C et en fer.

Essayez le rumex avec des œufs, du jambon, du bacon ou du fromage ou encore, servez-le seul comme repas léger. On peut également le substituer à la rhubarbe dans nos recettes préférées.

Attention : les feuilles de la rhubarbe, même si elle est apparentée au rumex, ne doivent jamais être consommées car elles sont vénéneuses. Les feuilles et les tiges de nos diverses espèces de rumex ne présentent aucun danger lorsqu’on les consomme en quantité modérée. Ils ont une haute teneur en acide tannique, et pourraient provoquer des réactions allergiques chez certaines personnes, même si de tels cas sont rares. Comme son contenu en acide tannique est plus fort dans les racines, on ne devrait pas en manger, ni en faire des infusions. Les feuilles de rumex contiennent de l’acide oxalide tout comme la rhubarbe. Cette substance est toxique lorsqu’elle est ingérée en grande quantité, mais elle ne l’est pas dans une portion normale de rumex.

Certains Amérindiens de la côte de la Colombie Britannique donnèrent le nom de Indian rhubarb (rhubarbe indienne) au rumex occidental (R. occidentalis), dont ils utilisaient les feuilles et les tiges comme légume vert, après avoir remarqué sa ressemblance avec la rhubarbe lorsque celle-ci fut introduite dans la région. Ils utilisaient également les racines bouillies et réduites en purée du rumex occidental pour en faire des cataplasmes pour les ulcères cutanés, les coupures et les écorchures.

Les herboristes recommandaient traditionnellement l’usage des racines de rumex fraîches ou bouillies comme tonique général ou pour en faire des cataplasmes pour les affections cutanés mineures. On prétendait également qu’il servait à éliminer les impuretés du sang et on le prescrivait autrefois comme médicament contre la lèpre et l’éléphantiasis.

Recette de Chowder de rumex, à la mode de l’île de Vancouver : donne 4 portions
1 gros oignon, haché
30 ml / 2 c. à soupe de beurre ou de margarine
750 ml / 3 tasses de jeunes feuilles de rumex, lavées et déchiquetées
750 ml / 3 tasses de lait frais
750 ml / 3 tasses de palourdes ou huîtres, fraîches
2 pommes de terre, cuites, pelées et coupées en dés
Sel et poivre au goût
Persil pour la garniture

Faites revenir l’oignon dans le beurre ou la margarine.
Ajoutez le rumex et pendant 1 ou 2 minutes jusqu’à ce qu’il ait ramolli.
Ajoutez le lait, les palourdes ou les huîtres et les pommes de terre.
Couvrez et laissez mijoter à feu doux pendant environ 10 minutes, jusqu’à ce qu’il soit tendres.
Assaisonnez et garnissez de persil.
Servir immédiatement.

Recette de Gratin printanier de l’Ontario : donne 4 portions
50 ml / ¼ tasse d’eau
500 ml / 2 tasses de feuilles de rumex, lavées
50 ml / ¼ tasse de beurre ou de margarine
15 ml / 1 c. à soupe d’oignon, râpé
30 ml / 2 c. à soupe de farine
250 ml / 1 tasse de lait
Sel et poivre au goût
3 œufs durs, tranchés
125 ml / ½ tasse de chapelure passée au beurre
125 ml / ½ tasse de cheddar fort, râpé

Amenez l’eau à ébullition, ajoutez le rumex, baissez le feu, couvrez et laissez mijoter de 3 à 5 minutes.
Égouttez et réservez.
Faites fondre le beurre ou la margarine dans une casserole et ajoutez l’oignon.
Faites frire pendant 1 minute.
Ajoutez la farine et mélangez, puis ajoutez lentement le lait.
Assaisonnez et laissez cuire jusqu’à ce que le mélange ait épaissi.
Graissez un plat à four et disposez des couches alternées de feuilles de rumex et d’œufs.
Versez la sauce par-dessus et recouvrez le tout de chapelure et de fromage râpé.
Faites cuire au four à 180C (350F) pendant 20 à 25 minutes.

Recette de feuilles de rumex farcies, à la mode de la Saskatchewan : donne 3 à 4 portions
250 ml / 1 tasse d’eau
12 grandes feuilles basilaires de rumex, lavées
500 ml / 2 tasses de riz cuit
1 gros oignon, haché fin
250 g / ½ lb de bacon, coupé en petits morceaux
250 g / ½ lb de saucisson ukrainien ou polonais, tranché
250 ml / 1 tasse de jus de tomate
Sel et poivre au goût
Crème sûre (facultatif)

Amenez l’eau à ébullition, ajoutez les feuilles de rumex, baissez le feu, couvrez et laissez mijoter de 5 à 7 minutes ou jusqu’à ce qu’elles aient bien ramolli.
Égouttez.
Séparez les feuilles et retirez les grosses nervures.
Réservez.
Mélangez ensemble le riz, l’oignon, le bacon et le saucisson.
Assaisonnez et déposez cette farce sur les feuilles.
Roulez le tout comme vous le feriez avec des feuilles de chou farcies.
Placez dans un plat à four, en deux couches, avec les bords repliés au-dessous.
Arrosez de jus de tomate et faites cuire au four à 150C (300F) pendant une heure et demie.
Servir chaud avec de la crème sûre si vous en désirez.

Rumex acetosella / Petite oseille





Autres noms : rumex petite-oseille, surette, oseille des champs.

Autres espèces comestibles :
Rumex acetosa : espèce apparentée, qui s’est souvent échappée de culture pour s’implanter à l’extérieur des lieux de culture. Cette plante, appellée oseille des jardins, a des feuilles beaucoup plus grandes et plus juteuses et est largement cultivée en Europe.

Partie comestible : les feuilles des jeunes pousses sont très rafraîchissantes mangées crues, c’est pourquoi si vous aimez grignoter, c’est tout juste ce qu’il vous faut. On peut consommer l’oseille en salade ou comme légume cuit. Elle a une forte teneur en vitamine C et possède des vertus fébrifuges, diurétiques et antiscorbutiques. De nombreux livres de recettes Européens proposent des recettes pour apprêter l’oseille car elle y est très réputée. On peut utiliser les feuilles de façons diverses, dans les soupes et les sauces, comme condiment pour le poisson, le porc, le veau, les lentilles, le riz, les pommes de terre ou en salade. On sert l’oseille communément avec d’autres ingrédients, notamment les œufs, le bacon, le lait, la crème sûre et avec du beurre. Bon nombre de gens aiment faire cuire l’oseille dans du lait dont les protéines suppriment l’astringence des feuilles.

L’oseille fait partie de plusieurs espèces dont le nom est « surette » à cause de leur sève acide qui donne leur goût caractéristique. Cette acidité est due à la présence de plusieurs acides organiques, en particulier l’acide oxalique. À haute dose, l’acide oxalique est dangereux. En fait, il est conseillé de ne pas consommer ces plantes en grandes quantités à cause de cet acide ; il n’y a cependant aucun risque lorsqu’on en use avec modération. L’oseille apporte une agréable saveur acide que l’on ne trouve pas dans les autres légumes verts. La petite oseille contient également de l’acide tartrique et de l’acide citrique (vitamine C).

La grande oseille européenne était autrefois utilisée par les herboristes pour lutter contre les fièvres, comme stimulant de l’appétit, comme vermifuge et comme tonique cardiaque. On utilisait son jus dans les gargarismes pour les maux de gorge et dans les cas d’ulcères et de teigne ; on en frictionnait pour apaiser les démangeaisons et pour faire disparaître l’infection. On s’en servait également en Europe comme présure pour faire cailler du lait.

Recette d’œufs farcis : donne 4 portions d’amuse-gueule
4 œufs durs
30 ml / 2 c. à soupe de feuilles d’oseille fraîches, lavées et hachées fin
2 tranches de bacon croustillant, émiettées
30 ml / 2 c. à soupe de crème sûre ou mayonnaise
Sel au goût
Quelques grains de poivre de Cayenne

Coupez les œufs en deux dans le sens de la longueur et enlevez les jaunes.
Pilez ceux-ci soigneusement, incorporez les feuilles d’oseille et le bacon et ajoutez juste assez de crème sûre ou de mayonnaise pour lier le mélange.
Assaisonnez et remplissez les blancs d’œufs avec le mélange.

Recette de Sauce verte des Maritimes
30 ml / 2 c. à soupe de beurre
125 ml / ½ tasse de feuilles d’oseille, lavées et hachées fin
250 ml / 1 tasse de crème, chauffée au point d’ébullition

Faites fondre le beurre et ajoutez l’oseille.
Laissez cuire jusqu’à ce qu’elle soit tendre.
Incorporez lentement la crème.
Servir avec de la morue ou tout autre poisson de mer.
Vous pouvez éclaircir la sauce en ajoutant du bouillon de cuisson du poisson.
Note : la crème doit être chauffée au préalable pour éviter que l’acidité de l’oseille ne la fasse cailler.

Recette de Crème d’oseille à la Polonaise : donne 4 à 6 portions
125 ml / ½ tasse d’eau
1 L / 4 tasses de feuilles d’oseille, lavées
15 ml / 1 c. à soupe de beurre ou de margarine
Sel et poivre au goût
1 L / 4 tasses de lait frais
250 ml / 1 tasse de crème sûre
4 œufs durs

Amenez l’eau à ébullition, ajoutez l’oseille, baissez le feu, couvrez et laissez mijoter 20 minutes.
Laissez refroidir, égouttez et passez au tamis ou au chinois pour réduire les feuilles en purée.
Ajoutez le beurre ou la margarine et les assaisonnements.
Versez le lait dans une casserole, et mettez-le à feu doux.
Juste avant qu’il n’atteigne le point d’ébullition, ajoutez la purée d’oseille.
Faites mijoter pendant 3 minutes en remuant sans arrêt.
Enlever du feu et ajoutez progressivement la crème sûre, en mélangeant bien.
Coupez les œufs en quartiers que vous déposerez dans les bols de soupe chaude.

Recette de Parfait à la petite-oseille ou à la rose ou à la menthe

125ml (½ tasse) de feuilles de rumex petite-oseille, hachées

250 ml (1 tasse) d'eau bouillante

Feuilles fraîches de rumex petite-oseille

175 ml de sucre

Crème glacée

1-Verser l'eau bouillante sur les feuilles de rumex petite-oseille, dans une théière ou une casserole.

2- Laisser infuser pendant 10-15 minutes, filtrer avec une passoire à thé.

3- Dans une casserole, mélanger l'extrait de rumex petite-oseille et le sucre, chauffer à feu moyen jusqu'à ce que le sucre se dissolve ; laisser refroidir.

4- Déposer de la crème glacée dans une coupe et verser dessus le sirop de rumex petite-oseille.

5- Décorer d'une ou deux feuilles fraîches de rumex petite-oseille.

Note : Procéder de la même façon avec un sirop de rose sauvage, de menthe ou autre.


Polygonum cuspidatum et P. sachalinense / Renouées géantes






Polygonum cuspidatum est connu sous le nom de renouée japonaise ou persicaire cuspidée tandis que la Polygonum sachalinense est connu sous le nom de renouée géante ou persicaire de sachaline.

Toutes deux asiatiques, ces espèces comptent parmi les plantes comestibles les plus flamboyantes, les plus agressives et les plus utiles. Durant l’hiver les renouées ressemblent à des pousses de bambou.

D’autres espèces de renouée sont aussi comestibles, la plus commune est la renouée des oiseaux (Polygonum aviculare).

Partie comestible : les renouées géantes ont une grande valeur culinaire, soit comme racines (les jeunes rhizomes souterrains), comme légumes verts de cuisson (jeunes tiges allant jusqu’à 20 cm) et comme salade. Le rhizome se mange bouilli ou rôti. Il a un goût prononcé, mais certains le trouvent plutôt amer. Ce qu’il y a de meilleur à se mettre sous la dent, ce sont les jeunes pousses récoltées avant le déploiement des feuilles. Elles sont délicieuses, cuites dans de l’eau salée de 3 à 5 minutes et servies chaudes avec du beurre ou une sauce, ou servies froides avec de la crème sûre ou de la mayonnaise. Elles entrent également dans la composition des soupes, des plats au four et même des desserts, où elles se substituent à la rhubarbe. Il est facile de les reconnaître, facile de la accommoder, facile d’en aimer le goût.

Attention : on doit consommer la renouée modérément car certaines espèces peuvent possiblement être la cause de photosensibilisation (hypersensibilité à la lumière) de la même manière que le sarrasin. Toutefois cela pourrait résulter seulement à une exposition prolongée à un soleil intense après consommation de grandes quantités de renouée.

La renouée japonaise fut importée pour la première fois du Japon en Europe au milieu du XIXe siècle. Un botaniste belge en avait alors apprécié les qualités de légume. À son goût, les jeunes tiges, bouillies et servies avec du beurre, valaient bien l’asperge et étaient même supérieures à la chicorée, voire à la grande oseille. La renouée géante, introduite en Angleterre quelques années plus tard passe pour être encore meilleure que la renouée japonaise. Il est cependant préférable de manger les deux espèces avec modération, d’abord parce que certaines les trouvent quelque peu laxatives, comme la rhubarbe.

Recette de Plat de renouée à la canadienne : donne 2 ou 3 portions
12 jeunes pousses de renouée, lavées et coupées en petits morceaux
Sel et poivre au goût
250 ml / 1 tasse de jambon cuit, coupé en morceaux
125 ml / ½ tasse de crème sûre
2 tomates moyennes, tranchées
125 ml / ½ tasse de chapelure
30 ml / 2 c. à soupe de beurre, fondu
50 ml / ¼ tasse de parmesan râpé

Placez la renouée dans une casserole et couvrez-la d’eau salée.
Amenez à ébullition, baissez le feu et laissez mijoter 4 minutes.
Égouttez, assaisonnez et disposez dans une cocotte bien graissée.
Mélangez le jambon avec la crème sûre et versez sur la renouée.
Disposez ensuite une couche de tranches de tomates.
Recouvrez de chapelure et de beurre fondu et saupoudrez de parmesan.
Faites cuire à 200C (400F) pendant 30 minutes, ou jusqu’à ce que le tout soit bien doré.
Servir chaud comme plat de résistance.

Recette de Sauce à la renouée
1 L / 4 tasses de pousses de renouées, lavées
500 ml / 2 tasses d’eau
500 ml / 2 tasses de sucre

Épluchez les pousses de renouée puis coupez-les en morceaux.
Mélangez l’eau et le sucre dans une casserole et faites cuire jusqu’à ce que ce mélange boue à gros bouillons.
Réduisez alors la chaleur, ajoutez la renouée et faites mijoter jusqu’à consistance tendre (de 5 à 10 minutes).
Laissez refroidir et servir avec de la volaille à la place de la sauce aux canneberges.

Recette de Renouée et shortbreads à l’écossaise
1 L / 4 tasses de tiges de renouées, lavées
500 ml / 2 tasses d’eau
500 ml / 2 tasses de sucre
Pincée de muscade
50 ml / ¼ tasse de Brandy

Épluchez les tiges puis coupez-les en morceaux.
Mélangez l’eau et le sucre dans une casserole et faites cuire jusqu’à ce que le mélange boue à gros bouillons.
Réduisez alors la chaleur, ajoutez la renouée et faites mijoter jusqu’à consistance tendre (5 à 10 minutes).
Placez les tiges dans un plat de service, saupoudrez de muscade et laissez refroidir.
Ajouter le Brandy au moment de servir.
Étendez sur des shortbreads maison.

Recette de Gâteau de renouée à la mode des Prairies : donne 6 portions
750 ml / 3 tasses de pousses de renouées, lavées et tranchées
750 ml / 3 tasses de miel
125 ml / ½ tasse de beurre
750 ml / 3 tasses de cubes de pain frais
Cannelle et muscade au goût

Dans une cocotte ou une casserole épaisse, mélangez tous les ingrédients sauf la cannelle et la muscade.
Couvrez et laissez cuire 30 minutes à feu moyen.
Saupoudrez de cannelle et de muscade au moment de servir.
Servir chaud.

Fagopyrum tataricum / Sarrasin de Tartarie





Autres espèces comestibles :
Fagopyrum sagittatum : blé noir ou sarrasin. Tiges rougeâtres, des fleurs blanches ou rosâtres plus grosses, réunies en grappes plus importantes et graines plus lisses, plus grosses et plus nettement triangulaires.

Ces deux espèces ont été importé d’Asie en Amérique du Nord pour la culture. Il a été exploité dans l’est du Canada, au Nouveau-Brunswick. Il est considéré comme une échappée de culture devenue mauvaise herbe qui se répand rapidement. Ses graines se mêlent communément au blé et il est très difficile de les séparer.

Il s’agit d’une céréale excellente et bien connue. On peut faire cuire les grains entiers pour les manger comme une autre céréale ou les moudre en farine pour remplacer n’importe quelle farine de grains entiers. La « galette de sarrasin » est un plat traditionnel, apprécié en particulier dans l’est du Canada. Rien n’est meilleur lorsque servir au petit déjeuner avec du beurre et du sirop d’érable. Les grains peuvent entrer dans la composition d’un granola maison car il lui donnera un croquant parfait. On en fait également un excellent porridge avec le gruau (grain privé de son) de sarrasin en Europe de l’est où on le sert sous le nom de kacha. Ce plat remplace les pommes de terre, le blé, et il est souvent accompagné de tranches de bacon ou de gras de bacon fondu.

Le sarrasin se récolte de préférence en août ou en septembre par temps sec et venteux, dès l’apparition des grains et avant la première gelée. Il faut récolter les sommités entières et les attacher en paquets pour les faire sécher quelques jours afin de permettre au grain de parvenir à complète maturité. Faire la cueillette à la main, demande uniquement de couper les plantes puis de recueillir les grains en battant les sommités au-dessus d’un plateau, puis de vanner la balle légère en agitant légèrement les grains au vent pour permettre à la balle de s’envoler.

On peut conserver le sarrasin dans des poches en un lieu sec et frais. Si vous ne pouvez pas récolter le sarrasin à l’état sauvage, on peut l’acheter en grains dans les magasins d’alimentation naturelle. On utilise aussi le sarrasin comme plante mellifère et il est souvent cultivé à cette seule fin, en particulier dans l’est des États-Unis. Le miel est foncé, assez liquide, et a une saveur très caractéristique.

Attention : certaines personnes peuvent être allergiques au sarrasin, alors si vous n’en avez jamais essayé, n’en mangez d’abord qu’une infime quantité pour vous assurer qu’il ne vous causera pas d’ennui. Le feuillage et les grains de sarrasin peuvent dans certaines circonstances être une cause de photosensibilisation (hypersensibilité à la lumière) chez les animaux et possiblement chez les humains. Cela se produit rarement dans l’hémisphère nord car il résulterait d’une exposition prolongée à un soleil intense après consommation de grandes quantités de sarrasin.

Le sarrasin est excellent pour les volailles et a la réputation de stimuler la production des œufs. Moulu et mêlé à du maïs et à de l’avoine, c’est un aliment de qualité exceptionnelle pour les vaches laitières. On l’enfouit souvent dans le sol pour amender le sol. Il a également réputation d’assouplir les terrains rebelles et d’exterminer les mauvaises herbes. Le sarrasin de Tartarie est préférable au sarrasin ordinaire dans la plupart des régions du Canada, à cause de sa plus grande résistance à la gelée et de sa plus courte saison de croissance. Originaire des régions montagneuses du Népal et du sud-ouest de la Chine, il y est cultivé depuis l’aube des temps.

Le mot « sarrasin » d’après le Grand Larousse encyclopédique, est un emploi figuré du nom du peuple, à cause de la couleur noir du grain.

Recette de Gruau de sarrasin : donne 4 portions
250 ml / 1 tasse de gruau de sarrasin
1 œuf
2 ml / ½ c. à thé de sel
15 ml / 1 c. à soupe d’huile végétale
500 ml / 2 tasses de bouillon de poulet ou de légumes

Mélangez le sarrasin, l’œuf et le sel.
Faites cuire à feu vif dans un poêlon épais, en remuant sans cesse pour éviter que les grains ne s’agglomèrent.
Pendant la cuisson, ajoutez l’huile en continuant de remuer.
Amenez le bouillon à ébullition et ajoutez-le au mélange de sarrasin.
Couvrez et laissez mijoter environ ½ heure.
Servir chaud avec une sauce, comme plat de résistance.

Recette de Petites galettes de sarrasin « nature » : donne environ une douzaine de galettes
500 ml / 2 tasses d’eau
500 ml / 2 tasses de gruau de sarrasin
½ oignon, haché
1 branche de céleri, coupée en dés
1 grosse carotte, coupée en dés
30 ml / 2 c. à soupe de beurre ou de margarine
1 œuf, légèrement battu
5 ml / 1 c. à thé de sauge en poudre
Sel au goût
30 ml / 2 c. à soupe de graines de tournesol ou amandes effilées

Amenez l’eau à ébullition, ajoutez le gruau, baissez le feu et laissez mijoter 10 minutes.
Réservez.
Faites sauter l’oignon, le céleri et la carotte dans le beurre ou la margarine jusqu’à ce qu’ils aient ramolli.
Ajoutez le gruau cuit et les autres ingrédients et mêlez bien.
Laissez refroidir et former de petites galettes.
Dans un poêlon légèrement graissé, faites cuire à feu moyen jusqu’à ce que les deux côtés soient brun-doré.

Recette de Granola au sarrasin : donne environ 2 L (8 tasses)
250 ml / 1 tasse de grains de sarrasin
1 L / 4 tasses de flocons d’avoine ou de blé ou de seigle ou de soya
250 ml / 1 tasse de graines de tournesol
250 ml / 1 tasse de noix de coco non sucrée (facultatif)
250 ml / 1 tasse d’huile de carthame ou de sésame
125 ml / ½ tasse de miel liquide
5 ml / 1 c. à thé de sel125 ml / ½ tasse de graines de sésame (facultatif)